Introduction

Voici le témoignage de la visite de l'equipe Salaail aux enfants de sunrise

Népal, octobre 2009


Nous rendons visite pour la première fois de notre voyage à Sunrise. Nous avons passé un coup de téléphone à Dinesh, le responsable de la maison Sunrise, pour l'avertir de notre visite, dans la journée. Nous ne l'avions pas prévenu plus tôt, pas que nous voulions débarquer pour un contrôle surprise, mais pour voir les enfants dans leur vie quotidienne sans que Dinesh ne se coupe (trop) en quatre pour nous recevoir.


Sunrise est toujours situé à 100 m du grand carrefour de Kalimati, d'où partent chaque jour des centaines de bus et de camions pour les villes de l'ouest du Népal. Il y a des embouteillages, du bruit, des policiers que personne n'écoute mais aussi de nombreux commerces. Ce sont les bras chargés de sacs de vêtements et d'équipements de foot que nous sommes arrivés. Les enfants l'air curieux de voir s'ils reconnaissent quelqu'un, et ont très vite reconnus Nico et Fanny, qui étaient venus l'année précédente.


Les enfants ont beau recevoir de la visite régulièrement, ils sont toujours un peu timides. Heureusement une balle de foot vient vite briser la glace. Pendant que nous visitons les chambres des enfants, Dinesh nous donne des nouvelles des filles qui ont quitté l’orphelinat. A présent il n’y a plus que des garçons à l’orphelinat. Il nous explique que 3 des 7 filles présentes l'année passée ont pu réintégrer leur famille (plus ou moins éloignée) il y a quelques mois. Lorsque c'est possible, le personnel du CWIN (notre organisation partenaire au Népal) tente de replacer les enfants dans leur famille, où les chances d'intégration dans la société népalaise sont plus élevées que depuis un orphelinat. Dinesh prend régulièrement de leur nouvelles et nous apprend, avec beaucoup de bonheur, que l'une d'elle s'est mariée. Quand aux 4 autres, l'une d'elle a décidé d'entamer des études de professeur de primaire, et réside dans un autre centre du CWIN, à l'autre bout de la ville.
Les 3 filles restantes ont été transférées dans un autre orphelinat à 20 km de Katmandu. Il faut savoir que la mixité de Sunrise était une exception pour la majorité des orphelinats népalais, où l'on préfère séparer filles et garçons. Et bien que ceux-ci se considèrent comme frères et sœurs, la société népalaise n'est pas encore très à l'aise avec une amourette d'adolescents. Dinesh nous précise que le déséquilibre filles-garçons posait quelques problèmes logistiques (une salle de bain pour les quelques filles, une autre pour 28 garçons, par exemple).


Les enfants (31 petits mecs désormais) vont bien, la maison est bien équipée et organisée, et l'ambiance est bonne...
Le staff n'a pas changé. Prabah Miss, la femme de Dinesh est quelques jours en famille à l'extérieur de Katmandu. Kaki, la cuisinière en chef est toujours aussi souriante et ... insistante pour nous servir des portions de riz gigantesques. Les 2 dames qui s'occupent de l'entretien vont bien également. Comme toujours, un jeune étudiant d'environ 20 ans vient tous les jours après les cours pour accompagner les devoirs.


Les jours suivants, nous sommes passés plusieurs fois à l'orphelinat, discuter un peu avec les enfants dont le niveau d'anglais est plus que suffisant pour entretenir la conversation. Leurs histoires sont hélas banales, ils viennent le plus souvent de l'extérieur de Katmandu, issus de familles pauvres et éclatées, et sont envoyés à Katmandu dans l'espoir de ramener quelques roupies à leur famille. Ils ont dans une certaine mesure de la chance d'être recueillis par le CWIN, qui les sauve d'une vie bien plus dure et dangereuse dans la rue.
Si certains anciens sont désormais partis, ils passent encore régulièrement donner de leurs nouvelles. Maandev et Hari ont par exemple reçu une bourse pour entamer des études de management. Ils partagent une chambre d'étudiant et la financent en donnant des cours de rattrapage dans un autre centre du CWIN. Ou Barat, qui est devenu éducateur. Ou Aslam qui est allé travailler quelques mois dans un pays du Golfe avant de revenir pour essayer de se marier. Chacun doit trouver sa voie...


J’ai également pu rendre visite à Kalpana, Rupa et Avilaisha, dans leur nouvel orphelinat. C'est un beau bâtiment, offert au CWIN par un hollandais, et qui abrite pas moins de 80 jeunes filles, de 6 à 18 ans. Il est assez différent de Sunrise, puisque installé au beau milieu de la campagne. Il y a un énorme jardin et potager, dans lequel chaque jeune fille doit travailler quelques heures par semaine. Plus surprenant et plus anecdotique, elles m’expliquent qu’elles font régulièrement des offrandes avant de se rendre au jardin pour ne pas éveiller la colère d'un énorme serpent (en tout cas d'après ce qu'on nous en a décrit) qui y rôde...
Les filles semblent s'y plaire et sont contentes de revenir à Katmandu une fois par mois pour assister à des programmes culturels en compagnie des enfants de Sunrise... Nous déciderons avec Dinesh, que puisque nous sponsorisons 3 enfants supplémentaires, nous continuerons avec elles et nous mettons d'accord pour avoir aussi de leurs nouvelles.


Nous avons de la chance, pour notre voyage au Népal, d'être au beau milieu de la fête de Dashain, fête la plus importante du calendrier hindou. Chaque jour se succèdent des processions, bénédictions, feux d'artifices. C'est aussi l'occasion pour les enfants d'aller chanter et danser auprès des commerces du quartier contre quelques roupies. Et les enfants de Sunrise n'échappent pas à la règle. L'héritage de la culture népalaise est très important pour le staff, et Dinesh est plutôt fier de nous montrer une petite danse, un cours de musique traditionnelle ou un petit spectacle. Et c'est pour nous toujours un très chouette moment.


Nous avons eu l'occasion de permettre à quelques marraines et parrains de visiter Sunrise. Difficile de parler pour eux mais ils semblent comme nous contents du travail et de l'implication du personnel de l'orphelinat. Vous aurez d'ailleurs l'occasion de le voir en image et de les écouter lors de notre habituelle assemblée générale dans quelques semaines. Nous ramenons pour notre part beaucoup d'espoir et de motivation à continuer ce beau projet.

 

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Salaai 01 02 2010