Introduction

Le Népal et les enfants à risques

Les enfants travailleurs

La pauvreté : cause de l’émigration vers les villes
La vallée de Katmandou a subi beaucoup de changements ces dernières années se répercutant même sur son environnement. Elle est devenue terriblement surpeuplée avec des  flux écrasants de gens venant des régions rurales.
En effet, les villageois n’ont souvent pas de terre, ne savent plus vivre de leur artisanat traditionnel, n’ont pas d’opportunité de trouver un autre emploi, sont analphabètes et forcés à contracter de lourdes dettes pour survivre. Cette sinistre réalité a poussé beaucoup de personnes à quitter leur maison et à émigrer vers les villes à la recherche de travail. L’industrie des tapis est un des secteurs où ces émigrés ont une chance d’être embauchés.

L’exploitation des enfants

L’industrie du tapis emploie énormément d’enfants qui constituent un peu plus de la moitié de la totalité de la main d’œuvre de ce secteur. Ces enfants sont âgés de 5 à 16 ans, avec une moyenne de 13 ans.
Hormis les enfants, la force de travail de l’industrie du tapis est composée  principalement de femmes et de jeunes filles.
Il est vrai que les employeurs préfèrent les enfants parce qu’ils sont naïfs, de bonne volonté, faciles à contrôler et à exploiter. Ce sont des travailleurs qui ne se plaignent pas, à qui on peut imposer n’importe quel type de travail, aussi longtemps qu’on le désire, pour n’importe quel salaire. L’utilisation des enfants est également une garantie de main d’œuvre stable, car ils peuvent être exploités continuellement pendant de nombreuses années, contrairement aux adultes qui sont bien plus difficiles à contrôler, se révoltent plus vite et pourraient s’en aller pour un autre emploi.

Une loi interdit non seulement l’engagement d’enfants pour un travail dangereux, mais aussi le recrutement d’enfants de moins de 12 ans pour n’importe quel type de travail. Cette législation est loin d’être observée dans l’industrie du tapis par exemple, qui est le plus grand employeur d’enfants

Les enfants des rues

« Une roupie, Monsieur. S’il vous plaît, une roupie ? »
C’est l’appel habituel d’un jeune garçon dans les rues. Une telle voix vous suivra et ne s’en ira pas tant que vous ne lui aurez pas donné quelque chose. Il y a des centaines d’enfants dans les rues de Katmandou qui survivent en mendiant ainsi. Ils se déplacent d’un endroit à l’autre, bien qu’on les trouve principalement dans les quartiers du centre de la ville tels que New Road, Thamel, King’s Way et Durbar Square.
Certains mendient pour soutenir leurs parents et leurs frères et sœurs. Mais aujourd’hui, un grand nombre d’enfants errent en groupe dans les rues principales. La plupart du temps, ils traînent près des hôtels et des restaurants et attendent que les clients passent près d’eux pour leur extorquer quelques pièces. Certains de ces enfants sont abandonnés ou orphelins, tandis que d’autres se sont enfuis de chez eux ou ont leurs parents à proximité.
Un autre groupe d’enfants, que l’on rencontre souvent dans les rues de Katmandou, sont les KHATE, les ramasseurs de chiffons. Ils sont les plus populaires ; Ces enfants survivent grâce à la collecte de morceaux de plastics et de cartons jetés dans la rue. Le nombre de ces enfants augmente de jour en jour. De tôt le matin à tard dans la nuit, on les voit se promener dans la rue armés de leurs grands sacs de toile dans lesquels ils récupèrent les matériaux susceptibles d’être recyclés et qu’ils revendent au kilo. Pendant l’été, on les voit nager dans les eaux polluées des rivières Bugrahi et Bishnumahi, tandis qu’en hiver, ils se regroupent autour de feux aux carrefours et près des centres commerciaux.
Ils sont tous privés de leur enfance. Ils n’ont nulle part où aller et personne pour s’occuper d’eux. Ils forment le groupe des enfants les plus malheureux de la société népalaise.
La plupart des personnes ne savent qui sont ces enfants, où sont leurs parents, qui s’occupent d’eux et comment ils survivent quotidiennement. Avec le problème  de l’urbanisation galopante, celui des KHATE augmente de jour en jour. La migration en hausse, l’effondrement de la cellule familiale, la pauvreté des villages, l’attirance de la ville, les sans abris et le manque de terres poussent les populations rurales vers les grandes villes comme Katmandou. Ce mouvement a non seulement suscité la création de campements et favorisé le squattage, mais a aussi conduit à un accroissement des enfants des rues.
Les enfants élevés dans ces squats sont souvent mal nourris ou sous alimentés, souffrent de diarrhées et de nombreuses maladies transmissibles. Une fois que les enfants de ces taudis et squats entrent en contact avec la vie des rues et rencontrent les enfants des rues ayant un passé similaire au leur, ils retournent rarement à la maison, préférant vivre avec leurs amis dans la rue. De même, des tragédies familiales grandissantes, comme le divorce, la mort ou l’abandon du domicile conjugal par le père ou la mère, causent de grands dégâts dans l’existence de ces enfants et la vie dans les rues devient la seule manière de survivre pour eux. Un grand nombre des enfants des rues vient aussi du secteur de travail des enfants. Il y a des centaines de milliers d'enfants travaillant dans différents domaines tels que les industries du tapis, celles de fours à briques, dans les restaurants, les services domestiques, les travaux de construction,…
La plupart de ces enfants sont forcés de travailler dans des conditions inhumaines et selon un système d'esclavagisme à cause de dettes, ainsi des qu'ils ont l'occasion de s'échapper, ils le font et atterrissent dans les rues.
On estime le nombre d'enfant dans les rues à 1500 à Katmandou.

 

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Salaai 01 02 2010